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Croissance rapide pour la Finlande, pas pour Nokia

Par Eljas Repo, rédacteur en chef d’Arvopaperi, juin 2011

Photo : Mikko Stig/Lehtikuva
Le siège de Nokia à Keilaranta, Espoo. Il y a un an, c’était la source de la croissance économique finlandaise ; aujourd’hui, cette croissance est produite par de petits éditeurs de logiciels.

L’économie finlandaise a de bonnes et de mauvaise nouvelles. Au rang de ces dernières, il y a le ralentissement de la croissance du fleuron de l’industrie finlandaise, Nokia.

Les bonnes nouvelles sont le taux de croissance soutenu de l’économie et les finances de l’État qui sont relativement saines, en tout cas par rapport à la plupart des pays de l’UE. Il n’y a qu’en Suède et en Europe de l’Est que les taux de croissance semblent à la hausse cette année.

La Finlande a eu un nouveau gouvernement le 22 juin et, dans le même temps, un programme de gouvernement fortement axé sur l’économie.« Seules des finances publiques solides garantiront l’avenir de l’État providence. Les politiciens ne peuvent pas se dérober à leur responsabilité de mettre de l’ordre dans les finances publiques », a déclaré le nouveau Premier ministre Jyrki Katainen lors de la conférence de nomination du gouvernement.

Diminution du salaire des ministres, abaissement de l’imposition des entreprises

Photo : Roni Rekomaa/Lehtikuva
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Le nouveau programme de gouvernement cherche à de faire des économies et à encourager la croissance ; les salaires des ministres seront par exemple diminués de 5 pour cent et le taux de l’impôt payé par les entreprises sera abaissé d’un point.

Les finances de l’État finlandais sont saines pour le moment, mais les recettes fiscales sont cependant inférieures aux dépenses. Selon les experts en économie finlandais, l’État s’endette de façon inquiétante. Le programme de gouvernement tente de faire des économies et d’encourager la croissance. Un exemple : les salaires des ministres seront diminués de 5 pour cent et le taux de l’impôt payé par les entreprises sera abaissé d’un point.

Cette année, l’économie finlandaise s’est mieux comportée qu’on ne l’escomptait. Le ministère des Finances a rehaussé ses prévisions de croissance en juin et il annonce pour cette année une croissance du PIB de 3,9 pour cent. La baisse du chômage est une source de satisfaction. Le taux de chômage de la Finlande diminue et il est nettement inférieur à la moyenne de l’UE. La croissance des années à venir est cependant largement tributaire des conjonctures économiques mondiales.

Le vieillissement de la population constitue peut-être le défi le plus sérieux pour l’économie nationale. La part des plus de 65 ans est de 16,9 pour cent en Finlande, contre 15 pour cent en moyenne dans les pays de l’OCDE. C’est un problème que souligne aussi un récent rapport de l’OCDE.

La Finlande garantit des soins de santé publics pour tous et le vieillissement est donc un fardeau plus lourd à supporter que dans les pays où les soins de santé sont à la charge de chacun.

Les obligations de l’État finlandais dans l’élite de la zone euro

La crise grecque aura au moins produit un enseignement : les marchés financiers attribuent les notes sur la façon dont les États gèrent leurs affaires. Leurs attestations sont affichées tous les jours sur les services en ligne consacrées aux données de marché. La Finlande obtient une bonne note : la confiance des marchés dans l’État finlandais est à peine inférieure à celle accordée à l’Allemagne. Les obligations de l’État finlandais font partie de l’élite de la zone euro et les craintes que l’État finlandais ne soit pas à même de servir sa dette sont minimes. Il n’en est pas de même en Grèce, en Irlande et au Portugal. Ces États sont en crise et cela se voit chaque jour sur le marché des taux.

En Finlande, le parti populiste des Vrais Finlandais a obtenu une victoire électorale et 39 sièges au Parlement. On pourrait imaginer que les populistes souhaiteraient simplement distribuer la manne financière, mais il n’en est rien. Comme tous les politiciens finlandais, les Vrais Finlandais sont eux aussi préoccupés par l’endettement. Pas un politicien finlandais de premier plan n’a essayé de marquer des points en soutenant que la Finlande aurait maintenant les moyens de s’endetter. En revanche, le soutien de l’État grec au moyen de garanties de l’UE et de la Finlande a constitué une question politique. Le message électoral du président des Vrais Finlandais Timo Soini était clair : ce sont les Grecs qui sont à l’origine de leurs problèmes et il n’y a plus lieu de les aider. Cela a contribué à sa popularité en Finlande, mais le parti des Vrais Finlandais est malgré tout resté volontairement dans l’opposition et le portefeuille de ministre des Finances est revenu à la chef des sociaux-démocrates Jutta Urpilainen.

De Nokia à Angry Birds

Photo : Roslan Rahman/AFP/Lehtikuva
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Malgré l’augmentation des ventes de Nokia en volume, son chiffre d’affaires est en baisse.

Le fleuron de l’industrie finlandaise de ces 20 dernières années a été Nokia. La société reste le plus grand fabricant mondial de téléphones mobiles, mais sa part de marché a fortement chuté. En particulier sur le créneau des « smartphones », les concurrents sont en train de prendre le dessus. Le cours de l’action Nokia en a pâti et la société a dû s’expliquer sur la détérioration de ses perspectives. Les ventes de téléphones de Nokia ont augmenté en volume, mais pas en euros.

Malgré ses difficultés, Nokia devrait dégager un bénéfice cette année. Sa position de leader de marché dans les téléphones mobiles ordinaires contribue au résultat, même si d’autres fabricants devant lui dans les smartphones.

Nokia a vu la venue à l’automne dernier d’un nouveau directeur général, le Canadien Stephen Elop, sous la férule duquel de profondes mutations et restructurations ont été entreprises. Nokia a annoncé en juin le licenciement de 1400 personnes en Finlande, soit plus de cinq pour cent de ses effectifs dans le pays. C’est un coup dur dans les grands centres de développement des produits tels qu’à Oulu et Salo.

Le directeur des relations publiques de Nokia et ancien Premier ministre finlandais Esko Aho a annoncé que Nokia soutiendrait de plusieurs façons l’accès à l’emploi des personnes sous le coup des licenciements, par exemple en encourageant l’entreprenariat. Les petites entreprises peuvent donner lieu à de grandes « success stories ».

Photo : Kimmo Mäntylä/LKS
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Une multitude de nombreux petits éditeurs de logiciels sont apparus en Finlande autour de Nokia, le plus connu étant Rovio, le créateur d’Angry Birds, le jeu pour plateformes mobiles le plus téléchargé au monde.

En Finlande, de nombreux petits éditeurs de logiciels et experts en technologies mobiles sont apparus autour de Nokia. Le plus connu est l’éditeur de jeux Rovio, dont le jeu mobile Angry Birds est actuellement le plus téléchargé au monde. Son succès est venu rapidement : Les premières versions d’Angry Birds ont été publiée au catalogue d’applications d’Apple en 2009.

Le marketing d’Angry Birds a bénéficié de soutiens inattendus. Le magazine Time a élevé la figure de proue de Rovio Peter Vesterbacka au rang des cent personnalités mondiales les plus influentes.

Le Premier ministre britannique David Cameron a dit être jouer activement à Angry BirdsLe président russe Dmitri Medvedev a plaisanté en disant que les fonctionnaires de l’État russe jouaient à Angry Birds même pendant leur temps de travail.

Lien : (en anglais)

Economical forecast released by the Ministry of Finance, June 2011
Help Wanted? Providing and Paying for Long-Term Care, OECD 2011
Ten year government bond spreads, The Financial Times
World’s 100 most influential people, Time Magazine
"David Cameron is Angry Birds fan", Telegraph.co.uk
"Russian president thanks Angry Birds", United Press International

 
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