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Vie & société

L’histoire finlandaise en quelques grandes lignes

Par le Dr. Seppo Zetterberg, professeur d’histoire à l’Université de Jyväskylä,
article écrit en novembre 2001, mise à jour en december 2013

Photo: Jean Guyaux/European Communities
Un Moment historique : le 24 juin 1994, la Finlande signe le Traité d’adhésion à l’Union européenne lors du Conseil européen à Corfou. Assis (de gauche à droite) : Veli Sundbäck, secrétaire d’Etat du ministère finlandais des Affaires étrangères, Pertti Salolainen, vice-Premier ministre et ministre du Commerce extérieur, Esko Aho, Premier Ministre finlandais et Heikki Haavisto, ministre des Affaires étrangères

Parcourons les principaux événements qui ont marqué l’histoire de la Finlande. Cette histoire peut grosso modo être divisée en trois chapitres : la période suédoise avant 1809, la période russe de 1809 à 1917, et la période de l’indépendance, de 1917 à nos jours.

Jusqu’à la moitié du 12ème siècle, la zone géographique formée aujourd’hui par la Finlande est un vide politique, bien qu’elle présentât un intérêt tant pour son voisin occidental la Suède, ainsi que pour l’Eglise catholique, que pour son voisin oriental Novgorod (Russie) et l’Eglise orthodoxe grecque.

C’est alors la Suède qui l’emporte, le traité de paix de 1323 entre la Suède et Novgorod n’attribuant que la Finlande orientale à Novgorod. Les parties occidentale et méridionale de la Finlande sont rattachées à la Suède et à la sphère culturelle de l’Europe occidentale, tandis que la Finlande orientale, à savoir la Carélie, est englobée dans le monde russo-byzantin.

Le règne suédois

Suite à la domination suédoise, les systèmes juridique et social suédois s’implantent en Finlande. Le féodalisme n’en fait pas partie et les paysans finlandais ne seront jamais des serfs ; ils garderont toujours leur liberté individuelle. Le centre le plus important de la Finlande est alors la ville de Turku, fondée au milieu du 13ème siècle. C’est aussi le siège épiscopal.

© Visit Finland
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Turku Castle is Finland’s oldest medieval castle. Construction began in the 13th century and was completed in the late 16th century.

La Réforme lancée par Luther au début du 16ème siècle touche également la Suède et la Finlande, l’Eglise catholique perd alors sa position prédominante au profit de la confession luthérienne.

La Réforme déclenche un grand développement de la culture de langue finnoise. En 1548, le Nouveau Testament est traduit en finnois par l’Evêque de Turku, Mikael Agricola (1510–1557), initiateur de la Réforme en Finlande et concepteur de la langue finnoise écrite. En 1642, l’ensemble de la Bible est traduite en finnois.

A l’apogée de sa puissance (1617–1721), la Suède étend son royaume jusque dans les pays baltes et parvient, en raison de la faiblesse de la Russie, à repousser la frontière finlandaise plus à l’est. Le renforcement de l’administration à Stockholm permet une mainmise suédoise uniforme sur la Finlande au 17ème siècle. Les Suédois se voient souvent affecter à des postes importants en Finlande, ce qui renforce la position de la langue suédoise en terre finlandaise.

La Finlande, grand-duché de Russie

Lorsque la Suède perd son statut de grande puissance au début du 18ème siècle, la pression russe sur la Finlande s’accentue, et la Russie conquiert finalement la Finlande durant la guerre de 1808–1809 contre la Suède.

Durant l’ère suédoise, la Finlande n’est rien de plus qu’un ensemble de provinces et non une entité nationale. Elle était gouvernée depuis Stockholm, la capitale des provinces finlandaises de l’époque. En revanche, avec l’annexion de la Finlande à la Russie en 1809, celle-ci acquiert le statut de Grand-Duché autonome. Le Grand-Duc est l’Empereur de Russie, dont le représentant en Finlande a titre de Gouverneur général.

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Une vue d’Helsinki à la fin du 19 ème siècle sur une photo réalisée par Oscar Kleineh (1846–1919).

La plus haute instance politique finlandaise est le Sénat, dont les membres sont finlandais. Les affaires relatives à la Finlande sont soumises à l’Empereur à Saint-Pétersbourg par le ministre secrétaire d’Etat finlandais. La Finlande est donc directement administrée par l’Empereur sans que les autorités russes ne puissent interférer.

L’Empereur éclairé Alexandre Ier, tsar de Russie et Grand-Duc de Finlande de 1809 à 1825, donne à la Finlande une large autonomie en instaurant l’Etat finlandais. En 1812, Helsinki devient la capitale de la Finlande, et l’Université fondée à Turku en 1640 déménage à Helsinki en 1828.

Le mouvement national finlandais progresse au cours de la période russe. L’épopée nationale finlandaise, le Kalevala, compilée par Elias Lönnrot, est publiée en 1835.

Le Décret linguistique promulgué en 1863 par Alexandre II marque le début du processus qui fera du finnois une langue administrative officielle. Bien que seul un Finlandais sur 7 soit suédophone, le suédois conservera sa position dominante jusqu’au début du 20ème siècle.

La Diète finlandaise est convoquée en 1863 après plus d’un demi-siècle d’interruption. Dès lors, la Diète se réunira régulièrement et un réel travail législatif s’engage en Finlande. La Loi sur la Conscription de 1878 dote la Finlande d’une armée propre.

L’éradication du « séparatisme finlandais », en réalité une politique de russification, débute au cours de la « première période d’oppression » (1899–1905) et se poursuit durant la seconde période (1909–1917). La révolution russe de 1905 offre à la Finlande un bref répit, grâce auquel un nouvel organe législatif destiné à remplacer les anciens Etats est créé en 1906. Il s’agit à l’époque de la réforme parlementaire la plus radicale d’Europe, dans la mesure où la Finlande passe du jour au lendemain d'une Diète à quatre Etats à un parlement unicaméral élu au suffrage universel. Les femmes finlandaises sont alors les premières en Europe à obtenir le droit de voter aux élections législatives.

La république indépendante

Le 6 décembre 1917, le Parlement approuve la déclaration d’indépendance rédigée par le Sénat sous la direction de P.E. Svinhufvud (1861–1944).

Parallèlement, la fracture entre la droite et la gauche se creuse jusqu’à devenir irrémédiable. A la fin janvier 1918, les partis de gauche ourdissent un coup d'Etat et le gouvernement est contraint de fuir Helsinki. La guerre civile qui s’ensuit se solde par la victoire, au mois de mai, des troupes gouvernementales commandées par le général Gustaf Mannerheim (1867 - 1951). A l’été 1919, la république de Finlande est proclamée et K.J. Ståhlberg (1865 - 1952) en devient le premier président.

La république indépendante se développe rapidement dans les années 1920. Les blessures de la guerre civile sont pansées par des mesures de conciliation, et notamment l'entrée au gouvernement des Sociaux-démocrates. En 1926-1927, ils constituent leur propre gouvernement minoritaire.

Bien que la Finlande poursuive dans un premier temps une politique extérieure fondée sur la coopération avec l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, la Société des Nations est la pierre angulaire de la politique de sécurité finlandaise dès les années 20. La Société des Nations se révélant incapable de maintenir la paix dans le monde dans les années 1930, le Parlement approuve en 1935 une politique connue sous le nom d’orientation nordique.

© SA-kuva
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Durant la Guerre d’Hiver, la Finlande s’est retrouvée isolée et n’a reçu qu’un soutien de principe et une aide négligeable des pays occidentaux. Les troupes de chasseurs alpins finlandais à ski infligèrent de lourdes pertes à l’armée russe ; la survie héroïque de la Finlande face à l’écrasante domination des forces russes est depuis devenue légendaire dans le monde entier.

En août 1939, l'Allemagne et l'Union soviétique signent un pacte de non-agression, dont une clause secrète place la Finlande dans la sphère d'intérêt soviétique. Après le refus finlandais d'autoriser la construction de bases soviétiques sur le territoire national, Moscou dénonce le pacte de non-agression de 1932 et attaque la Finlande le 30 novembre 1939. La « Guerre d'Hiver » se termine par la signature, le 13 mars 1940, du Traité de Moscou, par lequel la Finlande cède à la Russie le sud-est de son territoire.

A l’été 1941, l'Allemagne attaque l'Union soviétique. La Finlande s'engage alors dans le conflit comme alliée de l'Allemagne. La « Guerre de Continuation » se termine en septembre 1944 par la signature d'un armistice, en vertu duquel la Finlande cède à l'Union soviétique, non seulement les territoires déjà perdus en 1940, mais aussi la région de Petsamo baignée par l'océan Arctique. Les conditions de l'armistice seront entérinées par le Traité de Paris en 1947.

Vers la fin de la guerre, le maréchal Mannerheim est porté à la présidence de la république. En 1946 lui succède J.K. Paasikivi (1870 - 1956), qui s'assigne comme objectif d’améliorer les relations avec l'Union soviétique.

Les Jeux Olympiques sont organisés à Helsinki en 1952 et la Finlande devient en 1955 membre de l'ONU et du Conseil nordique. La coopération nordique aboutira à quelques réalisations remarquables, notamment la mise en place d’un marché du travail commun aux pays nordiques en 1954 et une union des passeports en 1957.

Elu président de la république en 1956, Urho Kekkonen s'emploie à élargir la marge de manœuvre diplomatique de la Finlande grâce à une politique de neutralité active. C’est ce qui transparaît dans des initiatives finlandaises telles que la tenue à Helsinki, à l’été 1975, de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe.

Kekkonen reste à la tête de l’Etat finlandais un quart de siècle, puis démissionnera à la suite de problèmes de santé. C'est Mauno Koivisto qui lui succède en 1982.

Histoire récente

Le printemps 1987 marque un tournant à la tête de l’Etat avec la formation d’un gouvernement majoritaire par les conservateurs du Parti de la Coalition nationale et les Sociaux-démocrates, qui restera en place jusqu’en 1991. Après l’élection de 1991, les Sociaux-démocrates sont rejetés dans l’opposition, et un nouveau gouvernement constitué des conservateurs et du Parti du Centre (l’ex-Parti agrarien) voit le jour.

Les bouleversements intervenus à la fin des années 80 et au début des années 90, notamment l’effondrement de l’Union soviétique, se sont traduits en Finlande par l’émergence d’un courant intellectuel libéral et une plus grande marge de manœuvre internationale. La Finlande reconnaît la Russie comme successeur de l’Union soviétique et un traité de bon voisinage est conclu entre les deux pays en janvier 1992.

Suite à l’introduction de la candidature suédoise à l’adhésion à la Communauté européenne (CE), et plus encore au lendemain de la disparition de l’Union soviétique en 1991, il semble de plus en plus nécessaire et opportun pour la Finlande d’adhérer elle aussi à la Communauté européenne. C’est pourquoi la Finlande introduit sa propre candidature à la CE en mars 1992, le Parlement de la CE (aujourd’hui Union européenne) approuvant cette candidature en mai 1994. Un référendum a lieu en Finlande en octobre 1994, d’où il ressort que 57% des votants soutiennent l’adhésion : en novembre 1994, le Parlement approuve l’adhésion de la Finlande à l’Union européenne à partir de 1995 par 152 voix contre 45.

En 1995, les élections législatives sont marquées par la cuisante défaite du Parti du Centre, ceci amenant Paavo Lipponen, le nouveau président du Parti Social-démocrate à former un gouvernement inédit en Finlande. A côté d’une charpente composée des Sociaux-démocrates et de la Coalition nationale, le gouvernement regroupe également les Verts, l’Alliance des Gauches et le Parti Populaire Suédois.

Lors des élections législatives du printemps 2003, le gouvernement est à nouveau remodelé. Le Parti de la Coalition nationale est exclu du gouvernement d’Anneli Jäätteenmäki, leader du Parti du Centre. Ce gouvernement se compose donc du Parti du Centre, du Parti Social-démocrate et du Parti Populaire Suédois. Madame Jäätteenmäki subit à titre personnel une importante pression politique et est contrainte de démissionner dès juin 2003, Matti Vanhanen devenant alors Premier ministre.

En 2006, une élection présidentielle plus serrée qu’on ne le pensait voit la victoire de la présidente en fonction, Tarja Halonen, représentant la gauche sur l’échiquier politique, face à son adversaire Sauli Niinistö, du parti de la Coalition nationale, qui lui concède à peine quatre points de pourcentage.

Les élections de 2007 marquent un net virage à droite du Parlement, avec une large victoire du Parti de la Coalition nationale et une sévère défaite du Parti Social-démocrate. Le Premier Ministre centriste Matti Vanhanen reste en poste et constitue un gouvernement de coalition conservatrice-centriste, qui entame son mandat en avril 2007. Sur 20 ministres, huit sont issus du Parti du Centre et huit du Parti de la Coalition nationale. Les Verts et le Parti Populaire Suédois se voient également attribuer des portefeuilles ministériels.

La politique finlandaise de sécurité fait récemment l’objet d’un débat animé. Les élargissements de l’Union européenne et de l’OTAN en 2004, avec notamment l’adhésion des voisins baltes de la Finlande (Estonie, Lettonie et Lituanie) ne manquent par ailleurs pas de compliquer la discussion. En juin 2008, le Parlement finlandais approuve les amendements de la constitution de l’Union européenne prévus au Traité de Lisbonne.

Les présidents de la République finlandais

Kaarlo Juho Ståhlberg (1865–1952)1919–1925
Lauri Kristian Relander (1883–1942)1925–1931
Pehr Evind Svinhufvud (1861–1944)1931–1937
Kyösti Kallio (1873–1940)1937–1940
Risto Ryti (1889–1956)1940–1944
Gustaf Mannerheim (1867–1951)1944–1946
Juho Kusti Paasikivi (1870–1956)1946–1956
Urho Kekkonen (1900–1986)1956–1981
Mauno Koivisto (1923–)1982–1994
Martti Ahtisaari (1937–)1994–2000
Tarja Halonen (1943-)2000–2012
Sauli Niinistö (1948-)2012–
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